CHINE : LE VRAI PRIX DES JOUETS DISNEY

Publié le par Résistance Citoyenne

Plusieurs années après les premières révélations de violations des droits chez les sous-traitants de Disney en Chine, une nouvelle enquête du China Labor Watch (CLW) épingle à nouveau le n°1 du divertissement. Heures de travail interminables, salaires de misère, travail d’enfants… Disney se soucie toujours aussi peu du sort de celles et ceux qui fabriquent ses jouets à l’autre bout du monde. Alors que les Français-es s’apprêtent à offrir à leurs enfants les jouets qui les font rêver, le CLW fait appel à notre solidarité pour demander à la multinationale d’assurer des conditions de travail décentes aux ouvriers-ères qui fabriquent ses jouets et de mettre fin au travail des enfants.


Le China Labor Watch a enquêté cet été chez deux sous-traitants de Disney en Chine : Hengtai Factory et Champion Crown Industries, situés dans la ville industrielle de Shenzhen dans le Sud-Est de la Chine. Les résultats de cette enquête, consignés dans un rapport publié en novembre, mettent en lumière de graves violations des droits des travailleurs-ses.

Travail d’enfants

L’usine de Champion Crown prétend qu’elle n’emploie que des ouvriers-èresde plus de 18 ans. Mais en réalité, nombre d’entre eux-elles ont entre 16 et 18 ans et certain-e-s ont même moins de 16 ans, l’âge minimum légal pour travailler en Chine. Une enquêtrice du CLW a ainsi rencontré une jeune collégienne qui avait été embauchée pour l’été. L’usine de Hengtai dit également n’embaucher que des ouvriers-ères de plus de 16 ans. Or non seulement certains-es ont moins que cet âge, mais ils-elles sont soumis-es à la même cadence de travail que les autres.

 

Heures de travail excessives

 

À Champion Crown, pendant la saison haute, lorsque les commandes de jouets affluent, les ouvriers-ères sont contraint-e-s de travailler sept jours par semaine. Les heures supplémentaires sont obligatoires et les travailleurs-ses doivent souvent travailler de nuit. Les ouvriers-ères sont constamment sous pression pour honorer les commandes et les objectifs de production imposés par la direction. L’enquêtrice du CLW explique que la direction exerce une pression constante sur les travailleurs-ses pour qu’ils-elles soient plus productifs. « Selon mes calculs, chacun-e devrait fabriquer une unité en 7 secondes. Celles ou ceux d’entre vous qui traînassent se reconnaîtront ! » leur a ainsi lancé un contremaitre.
À Hengtai aussi, les travailleurs-ses doivent atteindre les quotas de production extrêmement élevés qui sont affichés sur les murs de l’usine. S’ils-elles n’y parviennent pas dans le temps imparti, ils-elles n’ont d’autre choix que de faire des heures supplémentaires. Dans le cas inverse la direction procède à des déductions de salaires et considère qu’ils-elles violent les « règles cachées » de l’usine, ce qui vaut aux « récalcitrant-e-s » d’être licencié-e-s pour d’autres raisons.

Salaires manipulés



Le salaire de base des ouvriers-ères de Champion Crown s’élève à 900 yuans par mois (environ 100 €) et les heures supplémentaires sont payées 6,50 yuans l’heure (environ 0,73 €) quel que soit le moment où elles sont effectuées alors que selon la loi chinoise du travail, le taux doit être différent en fonction de la période (semaine, week-end ou jour férié). Par ailleurs, la somme totale que parviennent à percevoir les ouvriers-ères de Champion Crown varie en fonction du système de paiement imposé par la direction : « l’usine choisit de payer les ouvriers-ères à l’heure ou à la pièce, en fonction de ce qui est le plus profitable pour elle » explique une enquêtrice du CLW. De plus, les ouvriersères peinent à comprendre à quoi correspondent les sommes qu’ils-elles touchent à la fin du mois car « les fiches de paie justifient les salaires par des codes indéchiffrables, qu’aucun-e travailleur-se n’est en mesure de comprendre », ajoute-t-elle.
À Hengtai, les ouvriers-ères parviennent, avec les heures supplémentaires, à gagner jusqu’à 1 800 yuans par mois (environ 200 €). Mais une fois déduits les frais pour la cantine, le dortoir et l’eau potable, le salaire n’est plus que de 1 100 yuans (environ 123 €), soit la moitié de ce qu’il faudrait pour vivre dignement. Pour Li Qiang, directeur du CLW, « contrairement à ce qu’elle prétend dans son Code de conduite, Disney ne contrôle pas efficacement les conditions de fabrication de ses produits le long de sa chaine d’approvisionnement » et devrait « reprendre le contrôle d’un système complexe de sous-traitance et de licence dans lequel elle dilue sa responsabilité ».

Face à cette situation, le CLW en appelle à la solidarité internationale. Il est urgent de faire pression sur Disney pour exiger que soit mis un terme à ces violations. En participant à cet Appel Urgent, vous aiderez les militants de la SACOM à faire progresser le respect des droits des travailleurs-ses qui produisent des jouets en Chine.



Pour agir link

 

Source: Peuples Solidaires http://www.peuples-solidaires.org/343-chine-le-vrai-prix-des-jouets-disney/







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